Calcis

Rocaille & Mosaïque
Accueil
Qui sommes-nous ?
Atelier
Contactez-nous
Plan du site
rocaille art rustique
Stéphanie Ventura-Fornos
Jardins Extraordinaires 2
table en rocaille
Restauration rocaille
Banc en rocaille
Tortue
Mosaïque
exposition
Glossaire
Parc de Majolan
Ailleurs aussi...
Les rocailles à Bruxelles
Liens
Rocailles
Art Rustique, Art de l'illusion

D'après "Jardins au naturel, rocailles, grotesques et art rustique" de Michel Racine. (Ed Seuil)


Homme à la fenêtre. Châteauneuf-les-Martigues.

La rocaille au fil des siècles.
"Si grottes, paysages miniatures de rochers dataient déjà des romains, à la Renaissance, les jardins Boboli réinterprètent ces rêves étranges au travers des stalactites et matériaux naturels qui semblent "naître du rocher ou être absorbés par le rocher dans un espace flottant sans perspective","décor au naturel", rapportera Montaigne lors d'un voyage en Italie.Le XVII siècle célèbrera lui aussi l'art de la rocaille. Le terme date d'ailleurs de l'époque et recouvre des morceaux de nature assemblés en une architecture stricte dont l'ordonnance met en scène stalactite, coquillages, etc... Magnificence du bosquet des rocailles, à Versailles. Nature apprivoisée mais artificielle car tout est dessiné afin que les sculpteurs, taillent les pierres, les emboîtent, les empilent en un chaos réinventé.
le XIXème siècle s'oriente vers un travail plus naturaliste. Paysages, ponts en vrai rondins, pierres taillées et rustiquées... On veut jouer au "paysan" dans cette époque de l'industrie naissante. Ce retour à la campagne se double d'une volonté d'aménagements urbains (intense sous Napoléon III) qui verra la création à paris de larges avenues plantées de parcs (Boulogne, Vincennes, Montsouris). Les Buttes-Chaumont jouent des cascades, des coins étranges, pour offrir des sensations naturelles à leurs visiteurs. L'ouverture de ce projet en 1867, correspondra à la présentation, lors de l'exposition universelle, de caisses à orangers réalisées en ciment armé par Joseph Monnier.(...)

Le paysage marseillais
(...)Dans sa maison, le bourgeois mêlera représentation et espace de rêve. Il recherchera l'image de la nature à conquérir, d'où les inombrables façades en faux bois... Marseille présente encore de l'Estaque au roucas Blanc, de St Marcel à Malmousque, un très riche patrimoine privé édifié par les rocailleurs régionaux. Faux bois, trompe l'oeuil, détails insolites...Tout accroche le regard, parle d'un art le plus souvent ignoré.

Des signatures
les différents savoir faire de ces artisans ont été appris sur le tas, d'un père maçon, comme Gaétan Amoletti, ou comme Stanislas Cailhol, né à Marseille en 1814. Trois façades de styles divers dont l'une, composée de faux vestiges d'une église qui aurait été accolée à une maison et d'une série de 8 fausses fenêtres, toutes différentes. Phénoménal répertoire de techniques, d'idées, de clins d'oeil à décortiquer comme un livre ouvert.(...)

La technique du rocailleur

Après un premier mortier de liaison utilisé pour le gros oeuvre,"des couches pour emboutir", le rocailleur sculpte  les éléments dans le ciment frais à l'aide de truelles à profiler, spatules, scalpels, outils inventés, parfois même à mains nues pour mieux sentir la matière.Il y déposera des détails insolites, feuilles, lézard se chauffant à l'écorce d'un pont de branches assemblées par des cordelettes... Il fait apparaître la vie dans un monde de faux-samblants, incursion de l'artisan "faussaire, mais sincère", parfois à la limite de la provocation.  Car si les commanditaires exigent certains décors, mais donne très souvent carte blanche pour l'esprit général, le rocailleur reste libre de son regard et de ses mains... en dehors de la science décorative et de ses produits (pièces moulées mécaniquement et en résine).